Pour cet épisode, j’aimerais aborder un paradoxe qui épuise bien des organisations : pourquoi, alors que la transversalité est affichée comme une priorité, les équipes finissent-elles par se replier sur elles-mêmes ?

On le voit souvent lors de la création d’un nouveau service ou d’un projet transverse : les informations circulent moins, la rétention s’installe, et chacun se recentre sur ses propres objectifs, parfois au détriment de la vision globale.

J’ai souvent entendu que c’était un manque de volonté, de temps ou de priorité. Pourtant, le système est simplement en train de se protéger.

Le silo n’est pas qu’une barrière organisationnelle, c’est une zone de sécurité. Face à l’inconnu ou à de nouveaux enjeux, les équipes peuvent craindre de perdre leur reconnaissance ou leur identité. Par réflexe, elles se renferment sur des fonctionnements connus. L’ouverture et la curiosité laissent alors place à une forme d’étanchéité défensive.

Si l’on ne traite pas ces craintes invisibles, le coût pour l’organisation est lourd : lenteur dans la prise de décisions, priorités divergentes, tensions inter services et une énergie colossale consommée à développer la transversalité.

L’inertie s’installe et pour compenser, on engendre des coûts supplémentaires en multipliant les outils et les process qui finissent par alourdir davantage la structure…

Franchir ce cap demande de regarder ce qui se joue aux frontières de ces équipes. Coopérer ne doit plus être perçu comme un risque, mais comme un nouvel espace de réussite. C’est en travaillant sur l’alignement profond du système que la fluidité revient : les silos ne sont plus des murs, mais deviennent des points de contact fertiles.

Dans le prochain épisode nous décrypterons les signaux d’une organisation en saturation.

Audrey